KATHY FALGUERA 
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Extrait n°1




Août 1665

Lorsque Joan et ses deux compagnons arrivèrent à Villesèque, le village était presque désert. Quelques enfants sales et maigres jouaient dans la terre et un chien tout aussi pouilleux s'était mis à tourner autour de leur vieille mule en aboyant.

Joan jeta un regard noir sur Blavet qui trottinait à ses côtés. C'était de sa faute s'ils avaient dû quitter Durban si vite. C'était encore et toujours de sa faute ! Ce maudit nain lui causait invariablement des ennuis dès qu'une femme appétissante et dodue entrait dans son champ de vision !

Son regard glissa ensuite sur Félip, son autre compère. Aussi long et osseux que Blavet était petit et tors, il tenait la mule par la queue et essayait vainement d'atteindre le chien. Mais ses coups de pieds maladroits ne fauchaient que l'air du soir. Joan haussa les épaules et continua d'avancer lentement.

De part et d'autre de l’étroite rue pentue, les maisons vétustes semblaient s'appuyer les unes aux autres uniquement pour ne pas s'écrouler.

Ils arrivèrent en vue de l'église et du château, bâtisses de pierres qui dominaient le village et écrasaient de leur masse le reste des habitations.

Blavet, attrapa le pourpoint gris de Joan pour le forcer à s'arrêter.

- Que veux-tu encore ? questionna le jeune homme dans un soupir.

- Je boirais bien une chopine de vin ! J'ai le gosier sec depuis que nous sommes partis de Durban !

- À qui la faute ? grogna Joan. Et puis dans ce village, où veux-tu que nous trouvions de quoi boire ou même manger ?

- Si ton nez n'était pas clos comme le bouton de rose d'une vierge, tu aurais senti l'odeur des tonneaux !

Blavet désigna du menton une porte sur leur droite puis sans hésiter une seconde, il entra. Après avoir attaché les rênes de la mule à l'anneau scellé dans le mur, Joan et Félip entrèrent à leur tour.

L'intérieur du cabaret était sombre. Leurs yeux mirent quelques minutes pour s'habituer à l'obscurité. Il semblait n'y avoir personne, pourtant du fond de la pièce une voix grave les interpella :

« Je ne sers pas les mendiants, ni les traîne-misère ! Passez votre chemin, sinon vous tâterez de mon bâton ! »

L'homme qui avait parlé s'avança vers eux. Il était d'une stature impressionnante : Un colosse de presque six pieds de haut. Loin d'être effrayé, Blavet s'avança hardiment vers lui :

- Nous avons de quoi payer !

Joignant le geste à la parole, il soupesa la bourse accrochée à sa ceinture.

- Dans ce cas !

L'homme désigna deux bancs de part et d'autre d'un petit tonneau qui servait de table. Sans attendre, il leur servit trois gobelets à moitié remplis de vin rouge.

Avant de s'asseoir, Joan inquiet pour sa mule et son chargement entrebâilla la porte. D'où il se trouvait, il pouvait voir l'animal agiter ses longues oreilles assaillies de mouches et de taons.

- Qu'est-ce qu'elle porte donc de si précieux votre bourrique ? questionna le cabaretier intrigué.

 

Extrait n°2

 

De nos jours

D'aussi loin qu'il s'en souvienne, Jean avait toujours voulu chanter et faire de la musique. Ses parents un peu contrariés au départ s'étaient vite fait une raison, leur unique fils ne deviendrait ni avocat, ni médecin.

C'est au lycée de Narbonne, ville dans laquelle il habitait, qu'il avait enfin pu concrétiser ses rêves avec la rencontre de Thomas et de Sylvain. Ensemble, ils avaient monté un petit groupe et s'étaient perfectionnés en musique et en chant au fur et à mesure que s'écoulaient les années.

Bientôt, le garage des parents de Jean s'était vidé pour laisser place à une batterie, des amplis, des guitares, des micros et tout le matériel nécessaire pour faire un maximum de bruit dans un minimum de place.

Ils avaient commencé par interpréter des reprises anglo-saxonnes et le voisinage avait pu apprécier la puissance de leurs amplis lorsqu'inspirés par Led Zeppelin ou les Rolling-Stones, ils distribuaient généreusement des tonnes de décibels dans tout le quartier.

Mais bien vite, Jean avait persuadé Thomas et Sylvain de passer à autre chose. Profondément attaché à ses racines occitanes, il voulait interpréter des compositions personnelles dans cette langue régionale qu'il avait apprise avec beaucoup de facilité au lycée.

Il désirait faire évoluer la base musicale traditionnelle vers une structure plus moderne, empreinte de rock et de folk qui pourrait plaire à un large public tout en conservant le principal : L'âme de la musique régionale.

Conquis par cette idée originale, ses deux amis avaient approuvé. D'un commun accord, ils avaient baptisé leur trio Estela Limpaira.

Après le lycée, leur vie avait pris des tournures différentes. Sylvain après un bac pro de mécanique auto avait rejoint le garage de son père. Thomas sans bagage, avait tout de même réussi à se faire embaucher dans une imprimerie située dans la zone industrielle à la périphérie de Narbonne et Jean avait enchaîné les petits boulots. Mais ils étaient restés unis grâce à la musique.

Depuis quelques années, ils se produisaient l'été avec de plus en plus de succès dans les festivals, les restaurants régionaux, les salles de fêtes villageoises et parfois même dans certaines églises où l’acoustique sublimait leur musique.

Désormais, le reste de l'année, grâce à ses compétences, Jean avait trouvé un emploi dans un magasin de musique. Il donnait des cours de guitare à de jeunes adolescents qui désiraient tous devenir les dignes successeurs de Jimi Hendrix ou de Keith Richards dans le but premier d'attirer les filles.

La célébrité viendrait ensuite...






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